Laurence Plazenet, mention spéciale du jury

Laurence Plazenet, mention spéciale du jury du Prix French Press 2026

Une spécialiste de la littérature du XVIIe siècle et une romancière

Ancienne élève de l’École normale supérieure et membre honoraire de l’Institut universitaire de France, Laurence Plazenet a longtemps enseigné comme maîtresse de conférences à l’Université Paris-Sorbonne. Depuis 2017, elle est professeure de littérature française du XVIIe siècle à l’Université Clermont Auvergne. Elle est membre du Comité national du CNRS, section 38, directrice du Centre international Blaise Pascal (IHRIM, UMR 5317) et présidente de la Société des Amis de Port-Royal. Elle dirige également le Courrier Blaise Pascal et la collection « Univers Port-Royal » aux éditions Classiques Garnier.

Ses recherches portent notamment sur l’usage du roman grec ancien en France et en Angleterre aux XVIe et XVIIe siècles, la fiction narrative entre 1550 et 1700, Port-Royal, l’augustinisme littéraire, La Rochefoucauld, Mme de Lafayette, Racine et Pascal.

Parallèlement à sa carrière universitaire, Laurence Plazenet n’a jamais abandonné l’écriture de fiction, qui fut sa première vocation dès l’enfance. Elle a publié trois romans chez Albin Michel et Gallimard : L’amour seul (2005), La Blessure et la soif (2009) et Disproportion de l’homme (2010). L’amour seul a été traduit en dix-sept langues. En 2012, elle a reçu le Prix de Littérature de l’Union européenne.

Elle a également écrit une pièce adaptée de La Blessure et la soif, créée en 2024 au Théâtre Marigny avec Fanny Ardant, dans une mise en scène de Catherine Schaub et sur une musique originale d’Armand Amar. Deux autres pièces sont en cours d’édition : La Dernière nuit du temps et Amour, ou la véritable histoire d’Orphée et Eurydice.

Son projet de résidence : Styx ou la séparation du monde

Laurence Plazenet a entrepris l’écriture d’un roman intitulé Styx ou la séparation du monde, dont l’intrigue se déroule entre Paris et les États-Unis.

Le récit explore la relation entre Jorge et sa sœur Alma et s’inscrit dans la tradition des amours adelphiques, qu’il entend renouveler par son ancrage géographique, sa temporalité contemporaine et l’âge de ses protagonistes, tous deux proches de la cinquantaine.

Marqués par leur passé, par ce qu’ils ont vécu ou cherché à fuir, Jorge et Alma se sont construit des univers distincts. Musicien, Jorge tient l’orgue de Saint-Louis-en-l’Île. Alma a choisi pour monde celui de la photographie vintage aux États-Unis, dont elle fait commerce au sein d’un cercle restreint de spécialistes reconnus. Elle conseille les musées qui accueilleront les collections et les objets qu’elle contribue à faire découvrir. Figure de proue parmi ces personnes dont les trouvailles façonnent la mémoire et le sens de l’histoire de leurs contemporains, elle s’apprête à ouvrir une galerie lorsqu’elle perd la vue et, avec elle, l’accès à la seule fenêtre sur la lumière qui lui restait.

Personne ne le sait encore lorsqu’elle retrouve par hasard Jorge à Paris, pour la première fois depuis des années. Jorge décide alors de devenir les yeux de sa sœur. Pendant dix mois, il voit pour elle et à travers elle. D’image en image, il cherche sa trace. Ayant troqué le son pour des fragments de silence, il en guette les échos en Alma. Il tente de l’arracher à sa nuit et rêve d’une nuit transfigurée.

À travers cette histoire, Styx ou la séparation du monde interroge les liens familiaux, la mémoire, la perception et le pouvoir des images, tout en explorant la possibilité d’une reconstruction après la perte.

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